Le pouvoir discrétionnaire s’arrête là où commence l’arbitraire
Le droit européen à une bonne administration (article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne) et l’interdiction constitutionnelle de l’arbitraire s’imposent à toutes les institutions démocratiques : les marges d’appréciation légales doivent être exercées dans le respect strict de l’objectivité, du réalisme et de la proportionnalité. Lorsque des autorités administratives instrumentalisent la lettre de la loi pour échafauder des prétextes absurdes, faire obstacle aux droits légitimes des citoyens, fabriquer des justifications circulaires, couvrir des faveurs indues ou dissimuler leurs propres fautes, il s’agit d’un abus de pouvoir caractérisé.
Le fait qu’une norme accorde un pouvoir discrétionnaire ne rend pas une décision légale si elle heurte les lois élémentaires de la logique, les données scientifiques établies ou le bon sens commun. Opposer des faux-fuyants que 99,9 % des citoyens réfutent ne relève pas de l’application du droit, mais d’un harcèlement administratif délibéré mû par des motifs inavouables. Notre devoir d’investigation commence précisément là où l’arbitraire se drape dans le voile formel de la légalité.